Les dimanches à la con


Les dimanches à la con
De quand j'avais disons
Dix ans
Me reviennent souvent
Pas toujours mais mettons
Tout l' temps


Il y a une maladie universelle systématique et régulière dans notre société. Le blues du dimanche soir.....
Ce spleen a côté duquel Chateaubriant est un membre de la compagnie créole, arrive toujours vers 18 h, c'est d'ailleurs l'heure ou à la télé les programmes de vieux laissent place à des programmes encore pire. Il ne reste plus qu'a attendre capital ou le film sur TF1.

Enfant, le dimanche soir signifiait l'arrêt des jeux et je devais jeter un œil à mes cahiers; Souvent je retrouvais un exercice de maths que j'avais oublié. Acte manqué ? Évidemment.
Pour faire encore plus triste, ma mère avait décrété que ce soir là était le jour ou chacun jouait à
"chacun mange ce qu'il veut, ca signifiait Corn Flakes lait froid, car le dimanche tout le monde est pris d'une flemme soudaine et faire bouillir de l'eau pour y jeter des pâtes est bien trop contraignant.

J'avais de la chance dans mon malheur, rares étaient les dimanches ou l'on devait aller déjeuner chez les grands parents, j'ai échappé à beaucoup de blanquette de veau/riz/tarte aux pommes chez Mamie. Ces repas dominicaux qui s'allongent tellement que tout le monde prend le café devant Michel Drucker.
Michel Drucker et Julien Lepers, les amours de toute les mamies de France et de Navarre....

Adolescente j'ai été interne, le départ du dimanche soir pour l'internat était un supplice, moi et mes copines étions en larmes dans la voiture. On faisait tellement peine à voir que mon père faisait un détour et nous offrait un sundae au macdo.
Pourtant on aurait jamais voulu retourner en externat, on adorait la pension mais on ne voulait pas y aller ! et le vendredi on pleurait pour ne pas retourner chez nous, des vrais ados, jamais contentes et aucune logique dans les émotions. Mais que voulez vous , si on ajoute les hormones en éruptions de pubères acnéiques aux mauvaises ondes cosmiques du dimanche cela donne une arme chimique redoutable : la " bouderie" sans raison valable et d'une durée indeterminée.

Le seul point positif quand on est adulte et qu'on s'assume c'est que l'on n'a plus de devoirs. (Quoique quand je pense à l' l'étude que je dois fournir a ma chef pour mardi au plus tard ça y ressemble).
Le dimanche n'est pas plus gai pour autant. Atavisme ou hérédité je suis toujours au corn flakes le dimanche soir. Mon amoureux ne décolle plus du canapé après 16 h. Je réalise toujours le dimanche soir que je n'ai pas fait de lessive et que si je ne me bouge pas je vais aller au boulot en pyjama.
Pour lutter contre cette dépression hebdomadaire je pense au conseil de mon grand père :
"penses a ce qui fait que ta journée ne sera pas comme les autres". J'ai beau chercher souvent je ne trouve pas, et cette maxime familiale me fait encore plus déprimer.
il faudrait inventer le "demoxil" un anxiolytique qui nous ferait croire qu'on est samedi.
Samedi, le jour ou l'on sort, les rues sont pleines, on finit au resto ou chez les amis....mais non le dimanche on ne peut pas le rayer de la semaine, c'est le jour ou dieu , après avoir créer le monde se repose....mais est ce que lui il avait un métro à prendre le lendemain ? est ce qu'il devait retrouver des collègues déplorables dans une banlieue grise ?

Moi j'ai quand même trouver le truc pour être contente d'arriver au boulot le lundi matin, je traverse Paris à 8 heures du mat dans le vent et le froid en scooter, au bout de 20 minutes je suis ravie quand je me gare dans le sous sol et quand j'enleve mes 4 couches de vetements, je ne pense qu'à une seule chose à ce moment là dans le parking, aller boire un café et lire mes mails persos, le boulot ? ben je suis deja sur le lieu c'est pas mal !

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